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Excellente analyse de l’engagement militaire de la France au Mali par Superno, publié hier sur son blog.

Décidément, dès qu’il y a une guerre, vous y êtes !
Ça, c’est un collègue belge qui me vanne.
Le Belge a au moins l’avantage sur le Français lambda de moins subir la propagande inouïe qui s’est abattue sur nous depuis ce week-end et le déclenchement soudain d’une guerre totalement inattendue au … Mali. Et donc de pouvoir s’étonner spontanément de ce zèle étrange à voler au secours des Maliens.

On pouvait penser François Hollande moins con que son prédécesseur, après tout il avait conclu à l’inutilité de la présence française en Afghanistan.
Mais manifestement non.

Pourtant, la dernière opération dans le genre, en Libye, aurait dû imposer la prudence. Elle avait démarré de la même manière, sur la seule décision de Sarkozy et de son impayable conseiller en géopolitique d’opérette, BHL. La vérité sur les dessous de cette opération n’est d’ailleurs toujours pas connue, et le lien éventuel entre le sauvage assassinat de Kadhafi et le supposé financement de la campagne de Sarkozy en 2007 n’a pas été éclairci. On ne sait même pas s’il le sera un jour.

Une chose est sûre, ce sont des islamistes qui ont pris le pouvoir en Libye, pas sûr que ce fût le but de l’opération. Autre certitude, ce sont bien les armes et les pick-ups libyens qui se retrouvent au Mali. Comme quoi la guerre est une chose bien trop sérieuse pour être confiée à des présidents de la république.

La France est exsangue, la France est en faillite, la France n’arrive plus à payer ses fonctionnaires ni ses prestations sociales, la France augmente ses impôts et invente des taxes abracadabrantesques. Mais la France trouve toujours le moyen d’envoyer une armada d’engins de mort dans les endroits les plus improbables.

Hollandreou s’en va-t-en guerre!

Et le plus sidérant, c’est que non seulement l’UMP ne lui vole pas dans les plumes, mais au contraire approuve l’opération. Tous comme les “centristes”, le FHaine… Presque la même unanimité qu’à Notre-Dame-des-Landes. C’est sûr, ça pose moins de questions que le mariage homo ! À se demander à quoi ça sert de voter, ils sont quasiment tous d’accord. Seuls quelques écolos et membres du Front de Gauche osent timidement émettre des doutes et poser des questions.

Ben oui, quoi, poser des questions. Quoi de plus normal alors que les médias ne déversent plus qu’un long ruban de sirop, que les chaînes d’info ont ressorti les logos façon “guerre du golfe”, scénarisant cette saloperie de guerre à coup d’euphémismes et de néologismes (les fameuses “frappes” plus convenables qu’un “bombardement”), un défilé d’experts péremptoires interrogés par des Pujadas ravis d’enfiler treillis et rangers qui racontent tous cette histoire hallucinante de la France généreuse qui envoie son armée lutter contre les vilains méchants terroristes islamistes et défendre nos amis maliens…

Une fable comme même La Fontaine n’aurait pas osé la raconter. Une histoire où tout sonne tellement faux qu’elle ne tromperait pas un gamin de 6 ans.

Rappelons qu’en France “nos amis Maliens” sont davantage des pestiférés. Stigmatisés comme noirs, comme musulmans, comme pauvres Ils sont sans-papiers, SDF, putes, mal-logés, ou s’ils ont de la chance, femmes de ménage, éboueurs ou ouvriers du bâtiment. Les femmes sont excisées, et certaines perpétuent cette coutume pittoresque sur notre territoire. Ils font partie de ces zétrangers, de ces zassistés, qu’une part croissante de nos compatriotes renverrait volontiers dans leur pays. D’ailleurs chaque année, des charters les y ramènent contre leur gré par centaines. Et ça ne date pas d’hier

Leur pays, le Mali, dont une grande partie est constituée de sable, était surtout connu au siècle dernier pour être le terrain de jeu des “petits Rommel®”, des “500 connards sur la ligne de départ”® du Paris-Dakar, avant justement que les islamistes ne sifflent la fin de la partie et les envoient jouer ailleurs.

Que notre président, et la quasi-totalité de la clique politique qui guigne sa place veuillent spontanément et de manière parfaitement désintéressée venir en aide aux Maliens menacés par de vilains islamistes, l’histoire sonne donc complètement faux. Et elle pose une nouvelle fois la question de la représentativité de cette classe politique totalement déconnectée : qui peut croire que 100% ou presque de nos concitoyens approuvent avec enthousiasme cette nouvelle et coûteuse aventure guerrière mystérieuse et rocambolesque ?

Et puis réfléchissez 5 minutes : la France, puissance déclinante, ne peut pas prendre en charge toute la misère du monde. Comme disait Coluche, “la misère du monde n’est pas de dimension humaine : y’en a trop de misère”. Je veux bien croire que par son passé glorieux, la France, pays des Droits de l’Homme, patrie des Lumières, ait davantage vocation que, disons l’Ouzbékistan, à voler au secours des peuples outragés. Mais par où commencer ? La misère, elle est partout ! Dès lors que l’on quitte les pays occidentaux, ce ne sont plus que guerres, dictatures, famines, viols, épidémies, esclavage… Dans certains pays africains, les morts se comptent par millions (pour donner un ordre de grandeur, le conflit quotidiennement médiatisé entre Israël et la Palestine n’a fait “que” 100 000 morts en plus de 60 ans… Au Rwanda, 800 000 en l’espace de quelques mois en 1994. En 6 ans, entre 1998 et 2004, 4 millions (4 000 000) de morts en République “Démocratique” du Congo. D’ailleurs, la guerre s’y poursuit (tapez voir “Kivu” sur votre moteur de recherche préféré) sans susciter plus que ça de mobilisation et les viols y sont quasi-généralisés.
Hou hou, Hollande, on fait quoi pour tout ça ? Rien ?

Mieux, ou pire. Entre 10 et 15% de l’humanité souffre de la faim, et entre 15 et 20 000 personnes, principalement des enfants, en meurent TOUS LES JOURS. Oui oui, TOUS LES JOURS. Autant de victimes en 5 jours qu’en 60 ans de conflit Israélo-Palestinien.
Hou hou, Hollande, on fait quoi ? Rien ? Pourtant il n’y a même pas besoin d’avions Rafale ou d’hélicoptères Tigre : 30 milliards par an suffiraient. Oh, on ne les mettrait pas tous seuls (même si on en donne presque le double pour payer les prétendus intérêts des banksters), mais NOUS, LA FRANCE, grâce à notre diplomatie hors pair, on ne serait pas longs à trouver des alliés dans ce noble combat. Au final, tous les pays riches donneraient quelques milliards, et le problème serait réglé. Non ? Ben non, alors.

Ah oui, mais nous on aide le Mali. Tous seuls ou presque. Pourquoi le Mali ? Bah…

Les omniprésents experts en géopolitique nous font des analyses d’une profondeur et d’une subtilité qui avoisinent celles de Tintin au Congo. Alors y’a d’un côté les vilains terroristes islamistes qui font rien qu’à violer les femmes et couper les mains des voleurs, et de l’autre les gentils Maliens “normaux” qui sont persécutés alors même qu’ils n’aspirent qu’à acheter des iPADs et bouffer au McDo, et que donc la France, dans son immense magnanimité, vient aider. Les télés filment les gentils maliens qui agitent leurs drapeaux français en criant “Merci Hollande !”. C’est beau.

Peu importe dans ces conditions que l’on mélange des terroristes islamistes venus d’Algérie avec des Touaregs qui après tout sont chez eux depuis des siècles, et qui commencent à en avoir marre des manifestations de l’impérialisme cupide : non non, tout ça, ce sont des “terroristes”. De la chair à missile Hot. Rappelons que le mot “terroriste” est bien pratique pour disqualifier celui dont on veut se débarrasser. C’était ainsi que les occupants allemands appelaient ceux que nous considérons comme de glorieux résistants…
Peu importe que l’analyse visant à projeter sur l’habitant du Mali le comportement, le mode de vie et les sentiments d’un habitant de Neuilly soit assez peu pertinente mais tout à fait généralisée. Christophe Barbier qui parle du Mali, c’est un peu une poule qui expliquerait la fission nucléaire…
Peu importe que la situation dure depuis des années, que le pouvoir local soit impuissant et corrompu, que le pays soit sucé par le FMI et la Banque Mondiale dans l’indifférence générale, tellement affaibli qu’il ne peut plus rien.
Peu importe que la décision d’intervention ait été prise unilatéralement et brutalement, sans concertation, sans l’ONU, sans l’Europe. Ah oui, tiens, à quoi sert l’Europe sinon à délocaliser des usines françaises en Europe de l’Est et à localiser des routiers d’Europe de l’Est sur les routes françaises ?
(Pardon, on me signale que la Belgique fournit une aide logistique. Sans doute un ouvre-boîte et des pinces à vélo…)
D’où vient donc ce subit empressement à traquer de l’islamiste dans le désert malien ? Je n’ai pas de réponse péremptoire, mais tout de même des pistes sérieuses.

Rappel des faits :
Mai 2012 : Hollande est élu de justesse Président de la République devant un Sarkozy qui vient pourtant de boucler le quinquennat le plus calamiteux de la VeRépublique.
Il est surnommé “Flanby”, “Mollande”, “Hollandouille” ou “Capitaine de pédalo”. De surcroît  il nomme un incapable rétrograde à Matignon.
Juillet 2012 : Hollande jette le masque et devient Hollandréou : contrairement à toutes ses promesses, il fait allégeance à la finance et aux ouiouistes en signant le traité Merkozy, condamnant la France à la ruine de son secteur public et à des années d’austérité, de chômage et de récession. D’autant qu’il continue à dilapider des dizaines de milliards d’argent public en cadeaux pour le patronat.
Décembre 2012 : personne, pas même les plus naïfs, ne croit plus à ses capacités de redresser la France. Hollandréou n’a pas d’autorité, et n’est même pas fichu de mettre de l’ordre dans son gouvernement, qui se couche devant Mittal. Incapable de renoncer au projet grotesque de Notre-Dame-des-Landes. Le quinquennat s’annonce comme une longue chute vers l’abîme, faite de déroutes électorales et de records d’impopularité.
Janvier 2013 : Hollandréou, président prétendument de “Gauche”, entérine un accord qui autorise les baisses de salaires, la mobilité forcée, supprime la protection des accords de branche et rapproche encore le statut des salariés français de l’esclavage. Par ailleurs, sa seule mesure de “gauche”, le mariage homosexuel, est massivement contestée dans la rue par les grenouilles de bénitier.

Mais Hollandréou a trouvé comment balayer toute cette adversité : il va changer son image. Les pubeux font leur retour à l’Elysée, et Sérillon est chargé de coacher le falot pour le faire briller.

Et pour cela, quoi de mieux qu’une bonne guerre, hein ? C’est un classique du dessin animé. Lorsqu’on veut détourner l’attention de quelqu’un d’un endroit gênant, on montre le ciel en criant “regarde !” : “Tiens, ne regarde pas la misère économique, ne regarde pas mes trahisons, ne regarde pas le MEDEF qui nous encule, regarde comme je vais niquer les terroristes islamistes avec mes Rafale ! Ils sont beaux, mes Rafale !
Il paraît que les Français, dans l’adversité, se rassemblent naturellement derrière leur chef. D’autant que les inévitables victimes, militaires ou otages sacrifiés, offriront des images frappantes de Hollande Le Grand, prenant son air de circonstance devant des cercueils revêtus de drapeaux français, impeccablement rangés dans la cour des Invalides. Il aime ça, Hollandréou : c’est comme ça qu’il se sent président.

Autre argument, comme on l’a vu en Libye, les scènes de guerre, abondamment relayées sur les écrans, sont une espèce de show-room grandeur nature, susceptibles de booster les ventes de nos chers marchands de canon Dassault, Lagardère et consorts. C’est tout bon pour notre commerce extérieur!

Ce n’est pas la presse qui va se plaindre, au contraire : la guerre, c’est du caviar pour les chaînes d’info continue, qui tartinent du bullshit entre deux tunnels de pub, et ce sont des records de ventes pour les journaux. Si jamais un disciple de Mérah se mettait à faire des siennes sur le territoire français, ce serait l’extase assurée.

Mais tout ça, ce n’est que du bonus. Car la principale raison, elle n’est pas très reluisante, mais c’est la raison d’État : l’uranium. La France exploite des mines d’uranium au Niger (en passe de devenir le deuxième producteur mondial) dans le désert du Sahel, notamment à Arlit. Mieux, Areva se prépare à exploiter une nouvelle mine, la deuxième plus grande au monde, celle d’Imouraren, toujours au Niger, à quelques dizaines de kilomètres d’Arlit. Or ces derniers temps, les islamistes d’AQMI et les Touaregs de Ansar Dine commencent sérieusement à emmerder Areva, et font courir un risque sérieux pour notre approvisionnement en uranium. Vous savez, ce que nos politiciens les plus cyniques appellent “notre indépendance énergétique“ ! Rappelez-vous les sept employés ou sous-traitants d’Aréva, enlevés à Arlit en septembre 2010. Quatre sont encore détenus, que Hollande vient au passage d’abandonner à leur triste sort.

Rappel : malgré les gesticulations de Hollandréou, 75% de l’électricité française provient de nos 58 réacteurs nucléaires. Et 40% de l’uranium qui les alimente vient du Niger, où Areva le pille depuis plusieurs dizaines d’années. Imaginez un peu que ces enturbanés arrivent à couper l’approvisionnement ! La production française risquerait mécaniquement de chuter de 30%, plongeant en cette période hivernale le pays dans le noir et dans le froid.
Je ne détiens pas nécessairement la vérité, dans ce genre d’histoires le principal reste souvent dissimulé au grand public. Mais ces hypothèses me semblent infiniment plus crédibles que les fariboles officielles.

Et à ma connaissance le seul qui ait publié quelque chose dans ce sens est Stéphane Lhomme, militant écolo et antinucléaire, qui a écrit ceci. À noter que cet article a été publié un moment aujourd’hui sur Mediapart, mais qu’il semble en avoir été retiré…

En tout cas, la démocratie est mise à mal, le peuple n’a pas son mot à dire, il devra subir et payer, quel qu’en soit le prix, qui s’annonce par ailleurs salé. La presse se montre égale à elle-même, c’est à dire lamentable.

La routine, quoi…


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