AccueilAction collectiveHumeurNos vies nous appartiennent.

« Nos vies nous appartiennent. Le temps passe. Souvent vite. Trop vite. Alors pourquoi se laisser guider par d’autres ?

Nos vies nous appartiennent. Elles sont courtes. Elles peuvent s’arrêter à tout moment. Alors pourquoi ne pas les vivre comme on en a envie ? Pourquoi suivre un chemin tracé par d’autres ? Pourquoi se dire tous les jours que ça ira mieux plus tard ?

Nos vies nous appartiennent. A nous. Il serait peut être temps de les vivre. De les vivre vraiment. Pleinement. Il est temps de vivre.

Nos vies nous appartiennent. Vivons-les ! »

Ces mots raisonnent en moi. Je ne parvient pas à m’en défaire. Ils sont si simple. Si évident. Pourtant, ils raisonnent encore et encore. Moi ? Non. Ma vie n’est pas exactement ce que j’aimerai qu’elle soit. Je suis enfermé. Complètement. Dans mon matérialisme d’abord. Mon petit confort, mon chez moi, et tous les objets qui le compose. A commencer par cet ordinateur et tout ce qui en découle. Je haie cette partie de moi qui y est encore attaché. A quoi ça rime tout ça ? Pourquoi posséder ? Et pourquoi posséder autant ? Je n’y vois même plus mon intérêt. Je n’en éprouve plus de joie, ni de satisfaction. Je suis guérie. En quelque sorte. Car je possède toujours autant. Je vis toujours dans mon petit confort. Devant des écrans.

Mes études m’enferment aussi. Je les ai voulu. Elles m’ont beaucoup appris. Sur beaucoup. Mais maintenant ? Toutes ces contraintes. Tout ce temps. Ce temps passé inutilement. Ce temps passé derrière des écrans. Elles m’ont appris à réfléchir. Un peu. Elles m’ont appris à me conformer. Mais elles m’ont aussi appris à déconstruire. Et elles m’ont permis d’aimer. De découvrir. De rencontrer. De discuter . Et peut-être même de convaincre. Bon d’accord, elles ont été largement utile. Mais elles m’enferment. Il est temps qu’elles se terminent. Sous cette forme en tout cas.

Le temps passe vite, trop vite. Lui aussi m’enferme. Il nous enferme tous. Impossible de le défier. Difficile de le comprendre. Pourtant il ne s’arrête jamais. Il file. Et on le regarde. Et si on n’y prend pas garde, on se réveille un matin. Et on se demande ce qu’on a fait tout ce temps. Tout ce temps pour rien. Tout ce temps pour qui ? Pas pour soit en tout cas. Ni pour les autres d’ailleurs.

La société m’enferme. Elle nous enferme tous. Ses convenances, sa morale, qui ne profite qu’à peu. Toujours les mêmes. Mais la société, c’est nous. Mais nous sommes enfermés. Il nous faut regarder pour voir. Voir toute cette misère. Voir tout ce mal-être. Et pour quoi au juste ? Certains diront l’argent, d’autres le système. D’autres encore crieront contre le capitalisme ou la méga-machine. Mais tout ça, c’est nous. C’est nous tous. Certains plus que d’autres. Certains complètement et d’autres pas du tout. Les uns le revendiquent, les autres se mettent à la marge. L’immense majorité est au milieu. Elle ne sait pas. Elle ne veut pas. Elle n’est pas bien. Mais ça ira mieux plus tard.

Nos vies nous appartiennent. Nous sommes tous différents. Pourtant nous allons ensemble dans le mur. Sommes nous heureux ? Non. Et pourtant. Pourtant nous pourrions l’être. Il suffirait de s’arrêter. S’arrêter et réfléchir, tous ensemble. Faire ce pas. Ce pas de côté, qui nous permettra de sortir du temps. De ce temps qui nous est imposé. La vitesse. Tout doit aller très vite. Trop vite. Tout est mesuré, calibré, chronométré. Tout est rationnalisé à l’extrême. Pourtant, tout va mal. Le monde n’a jamais tourné aussi peu rond.

On est de plus en plus. Et pourtant on est de moins en moins. La terre est de plus en plus peuplé. Mais les hommes sont de plus en plus seuls. Des barrières se hissent entre eux. Entre nous. Et on n’ose même plus se parler, s’entraider. Et on a peur quand un inconnu nous aborde. Mais on passe des heures devant nos écrans. Seuls. Même dans la rue, ces écrans continuent de nous séparer. Ceux de nos portables. Ceux de nos lecteurs musicaux. Avec leurs excroissances auriculaires.

Et on ne sait plus profiter des choses simples. La ballade se transforme en shopping. La sortie en moment d’achat. Tout est consommation. Tout est monnayable. La gratuité n’existe plus. Comment profiter alors qu’il faut constamment compter ? Il faut tout compter. Son argent. Son temps. Et maintenant même ses ami(e)s grâce aux réseau sociaux.

Mais où est l’humain ? Celui naît avec dix doigts, dont il se sert constamment pour compter plus facilement. Pourquoi perdre son temps à compter, alors qu’on pourrait le passer à vivre ?

Nos vies nous appartiennent. A nous de les façonner. A nous de vivre comme on le veut. A nous de sortir de tout ça. De cette société qui se débarrasse des plus faibles et qui porte en triomphe les plus forts. Mais pourquoi au juste ? Les plus faibles ne sont-ils pas humain, eux aussi ? Les plus forts le sont-ils encore ? Avons-nous conscience que notre mode de vie tue des milliers d’humain chaque jour ? Somme-nous encore humain ? Là-bas, les plus pauvres meurent. Ici, les plus miséreux meurt aussi, et les plus pauvres survivent, en espérant que ça ira mieux plus tard. Les autres aussi pensent la même chose. Le désir, le plaisir. Sentiments insatiables qui nous poursuivent constamment. Qui nous déshumanisent. Après quoi courrons-nous, si ce n’est le bonheur ? Pourquoi courrons-nous après, si nous sommes sûr de ne pouvoir le vivre ?

Le bonheur, ce n’est pas la possession. Le voisin a toujours plus, et la course continue. La possession ne nous rend pas heureux. Mais pourquoi la poursuivre ? Elle nous rassure. Elle nous apaise. On nous la conseille. La publicité veille : nous devons posséder plus. Alors nous possédons plus. Et maintenant ? Maintenant ? Il faut posséder encore plus. Encore ? Oui oui ! Et puis en plus, nos objets s’usent, se cassent, passent de mode. Il faut les renouveler. La publicité veille. Le crédit nous aide. Nous pouvons consommer plus. Ouf !

Et le bonheur ? Ha mince. Nous avions oublier le bonheur. Le bonheur, il viendra à Noël, quand nous seront tous ensemble. C’est ça aussi le bonheur : être ensemble. Mais Noël, c’est le temps de la consommation. Encore ? Oui oui. Tout ce qui n’a pas été consommé durant l’année le sera à Noël. C’est obligatoire. Et la consommation est plus forte que l’être ensemble. Nous devons faire les meilleurs cadeaux. Préparer le meilleur repas. Quoi ? Nous allons encore trop manger ? C’est Noël ! C’est obligatoire. Et le stress s’empare de tou(te)s. Il est obligatoire de bien faire. De bien faire selon la société. Il faut acheter. Il faut consommer. Sinon ce n’est pas assez bien. Pas assez bien pour qui ? Chut ! La société te regarde !  Bon. Pour le bonheur d’être ensemble, on repassera.

A quoi ça rime, tout ça ? Ce grand manège ? Pourquoi tout le monde s’oppose ? Pourquoi être les uns contre les autres ? C’est un jeu ? Il y a quelque chose à gagner ? Les uns vont devenir immortels et les autres mourir ? Non. Tout le monde va mourir. Mais alors pourquoi la plupart sont écrasé par une minorité ? Et pourquoi ils ne s’en sont pas rendu compte ? Pourquoi perdons-nous notre vie en pensant la gagner ? Je croyais qu’il n’y avait rien à gagner ? Pourquoi ne pas coopérer pour passer le meilleur moment possible sur cette terre ? Quel sens donner à tout ça ? Quel est l’intérêt de la vie si nous ne la vivons pas ?

Et la terre dans tout ça ? Pourquoi passons-nous notre temps à la détruire ? Ne serait-il pas plus simple d’arrêter tout ça ? Pourquoi développer des aliments hors-sol, alors que nous avons beaucoup de terre ? Pourquoi bétonner pour la voiture, alors qu’elles ne rouleront bientôt plus ? Pourquoi ne pas plutôt marcher ? C’est agréable de marcher. Ca rend heureux de marcher. Mais pourquoi se fatiguer ? Pourquoi marcher dans la terre alors qu’on peut rouler sur du béton ? Pourquoi penser à nos petits-enfants, alors que quand ils seront adultes, nous seront morts ?

Nos vies nous appartiennent. Vivons-les. Parlons-nous. Jouons ensemble. Allons assister à des concerts, à des spectacles. Créons-en ! Faisons pousser nos aliments, et transformons-les ! Mangeons-les ! Fabriquons notre propre bière, et buvons-là tous ensemble ! Construisons ensembles nos habitations. Habitons ensembles ! Discutons, écrivons, lisons ! Rencontrons-nous ! Mangeons ensemble, buvons ensemble ! Prenons soins les uns des autres. Soignons-nous ! Aidons-nous. Partageons ! Enseignons-nous nos savoirs. Echangeons ! Conversons ! Voyageons, pour découvrir notre monde. Soyons solidaires. Soyons humains. Soyons heureux.

Nos vies nous appartiennent. A nous de les reprendre en main. A nous de les vivre.

Nos vies nous appartiennent.


Commentaire

Nos vies nous appartiennent. — Un commentaire

  1. Quel beau texte Tad! Merci à toi d’avoir mis en mots aussi profonds, puissants et stimulants, la révolte et les aspirations en un monde plus juste, solidaire, égalitaire, joyeux et respectueux de notre terre, d’un nb grandissant de personnes heureusement dégrisées des mirages de bonheur de la société actuelle.

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