AccueilAlternatives concrètesAlimentationLes carburants du futur… c’est maintenant !

Quid des « restes humains » après notre mort… Vont-ils faire rouler « nos » voitures demain ?! Ce serait tellement bien !!

A mort les vaches, veaux, cochons et poulets (pour que vive mon moteur)

La voiture, c’est des morts, partout.  Sur les capots, combien d’enfants, de cyclistes, de personnes qui ne demandaient rien? Dans les réservoirs où s’entassent les litres de pétrole, combien de guerres, de pollution, de marées noires, de cancers?

Mais fallait-il s’arrêter là? Non, visiblement. Donc remplissons nos réservoirs de moutons morts, de vaches mortes, de cochons morts, de chats, de chiens, d’oiseaux. Décidément, la bagnole pue la mort!

Information trouvée sur le site de Nicolino:

http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1449 (une vache et son veau dans le moteur)

Publié dans Charlie-Hebdo le 28 novembre 2012

Intermarché et l’équarrisseur Saria, après copulation, construisent une usine pour transformer des restes d’animaux en carburant automobile.

Le premier qui dit : « Ho, hé ! c’est quand même pas Soleil vert ! » gagne un grand verre de Viandox, cette belle boisson pleine de bidoche. Rappel utile : dans le film Soleil Vert, sorti en 1973, la multinationale Soylent distribue aux affamés chroniques de New York un aliment de synthèse fait à partir d’algues. Surprise :  il n’y a plus d’algues, en réalité, et le Soleil vert est une mixture à base de macchabs. Les morts nourrissent les (sur)vivants.

On n’en est pas là, car la France est un beau pays, rempli d’humanistes et de philosophes. La preuve instantanée par Saria, une boîte de 4 000 salariés, dont 1 400 en France. Que fait Saria pendant que les braves gens regardent Jean-Pierre Pernaut ? Eh ben, elle récupère chaque année une grande part des 3 millions de tonnes de restes d’animaux venus des abattoirs ou de carcasses trouvées sur la route. Grâce aux petites mains de Saria, le tout se change en engrais, médicaments, aliments pour d’autres animaux, produits sanguins, farines animales.

Oui, ces farines animales qu’on a finies par cramer dans des fours de cimenteries par peur de la vache folle, c’était Saria, grand pro de l’équarrissage. En mai 2 000, un inspecteur du travail visite l’usine Saria de Guer, dans le Morbihan, et note sobrement en reluquant la fosse où s’entassent des morceaux de bêtes : « L’atmosphère viciée comporte un risque sérieux pour la sécurité des travailleurs, le fond est couvert par une boue infecte sur plusieurs dizaines de centimètres d’épaisseur ». À l’époque, l’usine de Guer est gentiment appelée, dans les environs, « la petite boutique des horreurs ». Mais depuis, l’eau rouge sang a coulé sous les ponts, et Saria ne cesse d’inventer de nouveaux marchés. Toujours à partir des cadavres obligeamment fournis par les abattoirs. Dernière trouvaille : les biocarburants.

Saria, qui est loin d’être con, a créé une filiale commune avec Intermarché, qui s’appelle Écomotion. On ne présente plus Les Mousquetaires, leurs 1 783 magasins (en 2010) et leurs « idées fraîches contre la vie chère ». Parmi ses publicités, la vente à prix coûtant, dans les stations-service de la marque, de l’essence SP95-E10. Lequel carburant contient 10 % d’un biocarburant d’origine végétale. Mais pourquoi se contenter de blé ou de colza ou de betterave, alors qu’on peut rouler au veau, à sa mère, au cochon rose, à la charpie de coq et de poule ?

Voilà l’idée. Écomotion a investi 40 millions d’euros dans une usine sans aucun précédent, qui devrait ouvrir en 2013 sur la zone portuaire du Havre. Dans ce lieu idyllique, et chaque année, 75 000 tonnes de graisses animales deviendront, après une opération appelée « transestérification », un excellent biocarburant qu’Intermarché vendra directement à ses clients venus lui acheter des saucisses et du boudin.

L’avantage de cette technique, comme dit Michel Ortega, ponte d’Intermarché, c’est qu’elle « réduira la compétition agricole entre nourriture et carburant ». Ce mec est sublime, et sait ce que propagande veut dire. Les biocarburants actuels, qui proviennent de plantes alimentaires, affament des millions de gueux, comme le répètent depuis des années l’ONU, la FAO et jusqu’au FMI. Avec les philanthropes de la Saria, on aura deux saloperies pour le prix d’une. Le maïs, l’huile de palme, la canne à sucre, le manioc, le blé, le colza continueront bien entendu à donner du jus pour la bagnole, mais les animaux aussi.

Sans rire, ne s’agit-il pas d’une rupture mentale, morale, anthropologique ? Au temps lointain des supposés Barbares, les animaux d’élevage étaient considérés comme des dieux. Le taureau Hap de l’Égypte des Pharaons, qui deviendrait Apis chez les Grecs, était un personnage plus vivant, et un brin plus respecté que les morceaux de bidoche que nos marchands veulent transformer en SP95.

Avis aux oublieux : la chaîne d’assemblage des bagnoles – Assembly Line – a été mise au point par Henry Ford en 1908. Mais l’idée de départ appartient à l’ingénieur William Klann, qui visitant les abattoirs de Chicago en 1906, aurait déclaré : « If they can kill pigs and cows that way, we can build cars that way ».  Dans une fulgurance, Klann avait compris que ce qui était découpé en morceaux – la Disassembly line des abattoirs – pouvait, en inversant le processus, être réuni pièce par pièce dans un atelier automobile. Autrement dit, l’industrie de masse, le taylorisme, les Temps Modernes viennent de l’imaginaire du grand massacre des animaux. Les biocarburants tirés des graisses animales pourraient annoncer de nouvelles aventures. On a le droit de dégueuler.

Le chirurgien, le carburant humain et le cyclisme

 »

L’année 2009 commence mal. Deux nouvelles viennent nous rappeler la dure réalité d’un monde en décomposition qui mourra dans ses putréfactions. Tout d’abord, Gizmodo nous apprend qu’un chirurgien esthétique américain fait rouler sa voiture avec le gras de ses patients. Le chirurgien de Beverly Hills, suivant les préceptes des altermondialistes Yes Men qui se proposaient de remplacer le petroleum par le vivoleum, a commencé à utiliser la graisse récupérée lors des liposuccions pour alimenter son SUV (4×4) en biocarburant.

C’est le nouveau Rêve Américain: la transformation du gras des obèses en carburant gratuit pour faire rouler des tanks sans chenilles. Carburant gratuit? Sérieusement, en comptant le prix de la liposuccion, le prix du traitement de la matière première et la distribution, on doit arriver à 1800$ le litre… Mais bon, à la différence du pétrole, il s’agit probablement d’une source d’énergie inépuisable (au moins aux USA), tout comme la connerie d’ailleurs…

MATRA i-step, un vélo électrique… pour le fitness! Il s’agit en fait d’un vélo d’appartement mais à assistance électrique… Cherchez l’erreur. Le constructeur explique que « grâce à une simple impulsion sur la console de commande, vous changez de programme instantanément : vous passez du mode génératif le plus facile pour un effort limité au plus ardu pouvant s’apparenter à une montée de col. Tout en roulant, vous pouvez donc à tout moment revenir à un mode plus doux ou repasser en assistance électrique ».

Tout à coup, un doute m’assaille. Les pratiquants du MATRA i-step perdront probablement peu de poids, ce qui permettra d’augmenter la ressource de graisse pour le carburant automobile, et comme ils feront déjà du vélo (en appartement), ils auront la conscience tranquille pour rouler en 4×4… Vive le capitalisme!


Commentaire

Les carburants du futur… c’est maintenant ! — Un commentaire

  1. Comme le ton employé dans l’article relayé est très « décontracté », je me permets de l’employer aussi.
    Oh mon dieu… que cet article est puant. Encore une fois les objecteurs de croissance parlent à des gens qui sont déjà convaincus, et qui, en plus sur ce coup là, sont tous au moins végétariens apparemment. La photo de la tête de vache dans les boyaux, putain on a touché le fond. Aucune espèce de pédagogie. Aucune communication « intelligente » pour tenter de passer pour autre chose que pour des illuminés aux yeux des quelques gens qui par hasard entendraient parler des décroissants. Personnellement je ne pense pas que ce soit avec ce genre de discours que les gens pourront avoir envie de penser/faire « autrement », de consommer moins, etc.

    Pour en revenir au sujet : vous imaginez bien que quand on mange déjà de la viande, et si on est cohérent, on peut sans problème mettre du carburant à base de restes d’animaux dans sa voiture. De la même manière qu’on peut acheter des trucs en cuir. Et, attention, j’enfonce des portes ouvertes, mais beaucoup de gens mangent de la viande. Ça veut pas dire que c’est super, mais c’est un fait. Alors plutôt que de dénoncer une action de recyclage (désolé pour la naïveté hein), expliquez plutôt pourquoi diminuer sa consommation de viande, voir l’arrêter, peut être bénéfique sur pas mal de points.
    Vous faites passer la charrue avant les bœufs (décapités), je crois, encore une fois.
    Bon après on peut aussi se dire que c’est pas grave parce que de toutes façons personne ne va jamais sur ce site, sauf quelques convaincus.

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