AccueilAction collectiveCommuniquéAyrault à Lille : démocratie ou Etat policier ?

Le mardi 18 décembre, le 1er Ministre Jean Marc Ayrault venait à Lille Grand Palais soutenir les Missions Locales.

Ayrault à Lille

Ayrault à Lille Grand Palais, accompagné du premier adjoint de M. Aubry, P. De Saintignon.

Afin de dénoncer les nombreuses exactions et violations du droit National et Européen  à Notre Dame des Landes, le Collectif de Soutien lillois contre l’aéroport de NDDL a voulu marquer sa présence sur place de manière Pacifique.

Mais  aucune action n’a été possible pour ce Collectif compte tenu du dispositif de sécurité impressionnant déployé par les forces de l’ordre, en effet :

  • le contrôle d’identité y était permanent pour toute personne qui circulait non loin de la zone sécurisée et parfois ce contrôle était exercé plusieurs fois sur la même personne dans la même heure et était suivi de menaces physiques ;
  • la confiscation a été immédiate pour toutes les pancartes et banderoles etc… des membres du collectif ;
  • une des membres du collectif circulant en vélo, perturbée par la forte présence policière, a reçu une forte amende et un retrait de 4 points pour ne pas avoir respecté strictement les règles de circulation sur ce lieu hautement encadré et sécurisé ;
  • un autre membre du collectif qui rentrait tranquillement chez lui avec ses camarades, ayant eu la bonne idée de refuser de donner sa carte d’identité à 5 Policiers non en uniforme à proximité de la Cité Administrative de Lille, s’est fait écrasé la pomme d’adam pendant plusieurs minutes par un des policiers pendant qu’un autre policier dans la foulée essayait constamment de lui casser le poignet, tout ceci accompagné encore une fois de menaces d’amende et de menaces d’agressions physiques.

Pour de nombreux membres de ce collectif NDDL, les menaces physiques lors de premiers contacts avec ce dispositif de  »sécurité » ont été une constante…

Voici un des témoignages que nous avons reçu sur ces événements :

Aujourd’hui, mardi 18 décembre 2012, à Lille Grand Palais, c’était le 30ème anniversaire des Missions locales avec la présence « VIP » de Monsieur Jean-Marc Ayrault pour clôturer cette petite sauterie.

Une opportunité rêvée pour aller dire à ce cher Jean-Marc (oui, le même qui fichait les SDF lorsqu’il était encore maire de Nantes!) que ici aussi, comme partout, on est farouchement opposé à ce projet de d’aéroport sur la ZAD de Notre dame des Landes.

Notre action s’est « organisé » un peu au dernier moment, bon, je n’imaginais pas, que nous serions des milliers, mais je ne pensais surtout pas me faire arrêter à 100 mètres du Grand Palais, par des CRS stationnés avec une vingtaine de véhicules.

Au menu, confiscation de la banderole « Ayraultporc NON! » avec l’aide musclé d’un flic en civil qui m’a gratifié d’une « caresse » (un peu contrainte, face à mon refus…), vous savez en appuyant avec conviction sur ce fameux point de pression qui se trouve entre les métacarpes de l’annulaire et du majeur et qui fait tout lâcher, obligatoirement. Ça fait monter les larmes aux yeux, on ne sait plus si c’est à cause de la douleur ou de la haine.

Suivi ensuite, d’un contrôle d’identité, très banal, sans justification, ni rien…

 

Alors, j’entends déjà les mauvaises langues qui s’indignent, « Rien n’a changé après Sarkozy, Police partout… » Hé bien, détrompez-vous, après cette prise de contact maladroite avec la maréchaussée, j’ai pu ensuite, en toute liberté, rejoindre la manif, vous voyez, on est dans un beau pays.

Bon, d’accord, c’était sans compter, qu’après cette arrière-garde, planquée dans les rues adjacentes,

sur le trottoir face au Grand Palais, attendait une autre forme d’accueil…

Des types, tous en civils, certain semblant sortir directement d’un bureau, d’autres arborant de temps en temps un brassard « Police » et d’autres encore ressemblant terriblement au fameux service d’ordre du GUD, vraiment, et parmi cette belle bande de pleutre, errant comme une âme en peine, le vieux  Mr Chewing Gum, RG, trop bien connu et reconnu des Lillois.

 

Et nous, les manifestants, au milieu de ce merdier sans nom, nous au nombre de 6 (quand même!) contre 20, 25 molosses en civil, refusant catégoriquement de définir leur statut : « Mais, si tu sais bien qui on est… arrête… allez barrer vous maintenant… on vous fait une fleur…après ça sera pas pareil… », de charmants compagnons rêvant que d’une chose, que ça cogne! Comme dans la chanson « faut qu’ça saigne… ».

Bon, on n’était pas assez nombreux pour ça, alors, ils nous ont, littéralement, poussés hors de la zone de « sécurité », nous bousculant sur 200 mètres, insistant (probablement avec bienveillance) sur le fait que si on n’obtempérait pas, alors ce serait ensuite, je cite: « avec perte et fracas! ». qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ?

Je l’ignore, mais en recoupant avec le reste de cette charmante discussion, je crois qu’on peut parler d’intimidation.

Et il faut avouer que ça fonctionne pas mal comme méthode, surtout dans un rapport de force aussi déséquilibré que celui là!

Alors, on est reparti la queue entre les jambes, on s’est dispersé avec un goût amer dans la bouche.

 

Bref, en soit, tout ça c ‘est anecdotique, ce n’est pas grave, il n’y a pas mort d’homme. C’est vrai. Sauf que face à une telle violence, car c’est réellement violent, j’en arrive à croire qu’on n’a rien à envier à la Russie en matière de liberté.

Putain! on était six, deux vieux, deux ados, un type avec des béquilles et moi, le gringalet! Seulement nos bouches pour gueuler et on s’est fait jeter sans ménagement…

Qui sait ce qui aurait pu arriver si on avait un peu plus taquiné ces types ? Aucun passant, seulement cette bande de pleutre constitué pour l’occasion de flics, de CRS et de je ne sais quelle garde rapprochée et secrète du premier ministre.

 

Il y a un truc qui va vraiment pas là, on marche sur tête.

Je commence à comprendre Sartre, qui en 1972 parlait du terrorisme en disant « C’est une arme terrible, mais les opprimés pauvres n’en ont pas d’autre ».

Comment réagir face à cette violence?Face à cet État dégénéré et barbare?

J’ai la faiblesse de croire que la ZAD et tout ce qu’on génère autour d’elle est un début de réponse…

En tout cas une réponse plus pertinente que leurs attaques.


Commentaire

Ayrault à Lille : démocratie ou Etat policier ? — 4 commentaires

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  2. L’alternance gauche droite est de la poudre aux yeux pour les gogos qui croient encore que voter sert à qq chose, mais ce sont les mêmes flics ,les mêmes milices , la même armée au service du pouvoir oligarchique. Et la même majorité silencieuse lobotomisée par les médias aux ordres. Il n’y a rien à faire que fuir .De toutes façons dans 50 ans je serai mort .

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