AccueilLe projetTextesLa décroissance, l’objection de croissance, genèse et définition

Cet article tente de présenter succinctement la décroissance, d’en présenter les principales sources, de la définir et d’en présenter les évènements fondateurs ainsi que les grands acteurs. Il ne s’agit pas d’être exhaustif, mais de présenter les grandes lignes.

I Les sources de la décroissance :

Les sources de la décroissance sont nombreuses et variées. Les germes de cette pensée parcourent les siècles, depuis le philosophe grec Epicure, en passant par François d’Assise, ou encore Henry David Thoreau, l’auteur du très célèbre Walden ou la vie dans les bois. Nous ne citerons ici que des sources beaucoup plus proches de nous, en nous basant sur les travaux[1] de Fabrice Flipo, docteur en philosophie et objecteur de croissance, qui écrit notamment dans le journal La Décroissance.

A) Une critique sociale de la société de croissance

La critique sociale de la croissance a été formulée dès les années 60, par des auteurs comme André Gorz, François Partant, Jacques Ellul, Bernard Charbonneau, Cornelius Castoriadis, ou encore Ivan Illich. Ces penseurs ont remis en question la société de consommation et ses bases, telles que le progrès, la science ou encore la technique, notamment à cause de l’échec du développement des pays du Sud, mais aussi la perte de repère des pays du Nord[2].

1) Une critique culturaliste

Le courant culturaliste met en cause la supériorité de la « modernité », entendue comme supériorité du mode de vie de la ville sur la campagne, des « développés » sur les « primitifs ». Il vient de l’anthropologie, et ses principaux représentants sont la revue du MAUSS[3], Serge Latouche, qui en fait partie, mais aussi François Partant[4]. Selon Fabrice Flipo, la principale thèse est que l’homo economicus est dépendant de sa représentation du monde et de l’histoire. Il résulterait d’un ensemble de valeurs, dont la première serait la recherche de profit. Ce courant estime que la société dans son ensemble est aliénée par des valeurs dont elle doit se détacher pour pouvoir en sortir.

C’est pourquoi il formule une critique du développement, qui ne serait qu’une vaste entreprise d’occidentalisation du monde, de déstructuration et d’aliénation des cultures du Tiers Monde qui se manifesterait aujourd’hui par l’extension mondiale d’un ordre marchand qui pousse à l’uniformisation planétaire du monde[5]. Le développement serait l’ultime étape de la longue histoire de l’impérialisme culturel occidental, dans la mesure où « l’opposition développés/sous-développés a pris la suite et la place des oppositions civilisés/sauvages, chrétiens/païens, citoyens/barbares[6]».

C’est pour sortir des schèmes de penséeactuels que des auteurs comme S. Latouche et F. Partant ont développé le concept d’après-développement.

Selon le courant culturaliste, pour ouvrir de nouvelles possibilités, il faudrait que nous redécouvrions ou que nous réinventions notre nature. Nous devrions dénaturaliser notre vision du monde et de la nature humaine, pour enfin parvenir à identifier nos désirs authentiques.

2) La remise en cause du système des besoins

La société de consommation crée de nouveaux besoins. Et c’est ce système des besoins qui est remis en cause par un certain nombre d’auteurs, comme Jacques Ellul, André Gorz, ou Ivan Illich. Nous allons ici nous concentrer sur les travaux de ce dernier.

Selon Fabrice Flipo[7], pour le penseur d’origine autrichienne, le problème ne réside pas seulement dans la « marchandisation du monde », mais dans le fait que les institutions, censées être le produit des citoyens, et à leurs services, sont devenues des fins en soi, et ne poursuivent que leurs propres expansions destructrices. Le citoyen devient un obstacle pour les institutions, qui essayent de les plier à leurs désirs. I. Illich montre qu’au-delà de certains seuils, la croissance de la puissance collective des institutions et des outils se retournent contre la société.

Il a écrit sur de nombreux sujets, tels que l’éducation ou la santé, toujours en analysant et en critiquant la société dans laquelle il vivait. I. Illich identifiait deux seuils pour tous les progrès apportés par l’industrie. Selon lui, le premier est franchi quand une activité sociale est confiée à un corps de spécialistes, et le second est atteint lorsque la population est entièrement dépendante et que faute de moyens, une hiérarchie se crée dans l’accès aux services. L’institution crée alors la rareté à laquelle elle prétend ensuite pouvoir répondre.

Pour le penseur de l’écologie, la sortie du système des besoins ne devrait pas être vécue comme le prix à payer d’une amélioration de l’environnement, mais comme un mouvement d’émancipation véritable.

B) Une critique écologiste

La critique écologiste de la société s’appuie sur les travaux de nombreux scientifiques qui se sont intéressés à l’impact de l’homme sur la planète, tel que ceux du WWF, du Club de Rome, de l’ONU, mais aussi ceux de Nicholas Georgescu-Roegen.

1) La prise de conscience de la crise environnementale

L’une des bases de la décroissance est l’écologie, l’attachement au respect des écosystèmes et du vivant dans toutes ses composantes, d’où découle une critique de la société industrielle. La prise de conscience de la crise environnementale date des années 60-70, avec des publications scientifiques, telle que le rapport du Club de Rome, mais aussi des catastrophes industrielles telles que le naufrage du Torrey Canyon et la marée noire qui s’en est suivie.

Fabrice Flipo explique que tous les indicateurs tendent à montrer l’urgence de la situation. L’empreinte écologique, un indicateur popularisé par le WWF, montre qu’en 2006, le monde utilisait 125% des capacités terrestres renouvelables. De même, le Rapport du millénaire sur les écosystèmes estimait à 60% la part des écosystèmes dégradés ou utilisés de manière non renouvelable. Autre exemple, un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) montre qu’au rythme actuel des prélèvements, il n’y aura plus de poissons ni de mollusques dans les océans d’ici 2048.

F. Flipo continue en indiquant que tous les signes montrent une dégradation massive des écosystèmes, qui seront ce qu’il restera à l’humanité quand toutes les ressources épuisables auront été épuisées. Cet argument environnemental appelle aussi à une nouvelle relation avec la nature : l’homme ne devrait pas avoir un rapport uniquement basé sur l’exploitation, mais aussi sur le respect et la co-évolution. En effet, la croissance serait mauvaise pour la planète, quelle que soit sa « qualité ». Tout ce qui fait la société de croissance (capitalisme, consumérisme, profits …) produirait de fortes inégalités écologiques, et le fait de simplement protéger la nature, sans remettre en cause ces éléments, paraît incohérent. Pour l’auteur, l’humanité devrait admettre qu’elle n’est pas le centre de tout, pour vivre en harmonie avec les autres hôtes de la Terre.

2) La bioéconomie

Selon F. Flipo, la bioéconomie cherche à déterminer les règles sous lesquelles les organisations humaines peuvent gérer des contraintes telles que les limites des écosystèmes ou l’épuisement des ressources. Nicholas Georgescu-Roegen et le Club de Rome peuvent être considérés comme des précurseurs dans ce domaine. Le rapport du second, The Limits to Growth, publié en 1972, est la première étude importante soulignant les dangers écologiques de la croissance économique et démographique. L’idée principale est que les limites de la planète sont atteintes[8]. Les pays développés devraient donc renoncer au modèle des trente glorieuses En lieu et place de ce modèle, le club de Rome fait référence au concept d’état stationnaire de J.S. Mill[9]. C’est un maximum de développement que l’humanité ne peut dépasser. Ce niveau ayant déjà été dépassé, pour atteindre cet état, il faut que la population n’augmente plus, et que la croissance économique stoppe.

Nicholas Georgescu-Roegen est un mathématicien de formation, qui s’intéresse ensuite à l’économie – il sera notamment un disciple de J. Schumpeter. En 1971, il publie The Entropy Law and the Economic Process[10] (traduit par Demain la décroissance : entropie-écologie-économie[11]) dans lequel il importe le thème de l’entropie[12] en économie pour fonder un nouveau paradigme : la bioéconomie. En effet, selon lui « le processus économique n’est qu’une extension de l’évolution biologique et, par conséquent, les problèmes les plus importants de l’économie doivent être envisagés sous cet angle[13] ». Avec F. Flipo, on peut voir que selon la bioéconomie, l’activité économique moderne, avec toutes ses machines thermiques, peut être décrite comme un accélérateur de croissance de l’entropie, et donc une vaste entreprise de raréfaction matérielle des ressources utilisables au profit d’une croissance des zones stériles, des déchets et de la pollution. Selon M. Bonaïut[14], « Georgescu-Roegen a été le premier à présenter la décroissance comme une conséquence inévitable des limites imposées par les lois de la nature ». Il affirme qu’une croissance infinie dans un monde fini est impossible, et qu’un jour ou l’autre, l’humanité va se heurter aux limites physiques de la planète.

II Définition

A) Une histoire de mots

1) Décroissance, histoire d’un mot

Le terme décroissance est pour la première fois utilisé en 1972 par André Gorz dans un article du Nouvel Observateur en réaction au rapport du Club de Rome[15]. En 1973, on retrouve une trace du terme dans la revue Les cahiers de la Nef dans un texte[16] du philosophe André Amar. En 1979, Demain la décroissance est adopté comme titre de la traduction française de l’ouvrage de Nicholas Georgescu-Roegen, The Entropy Law and the Economic Process. La traduction est notamment réalisée par Jacques Grinevald, ami de Georgescu-Roegen, et ce dernier a accueilli très favorablement ce terme[17]. Ce mot n’est pas repris par les écologistes, et disparaît pendant une quinzaine d’années, jusqu’à ce que la revue écologiste S!lence consacre, en 1993, un dossier à la décroissance et à Nicholas Georgescu-Roegen, rédigé par Jacques Grinevald. Mais le terme ne trouve toujours pas d’écho. Il faudra attendre 2001 pour que le concept de décroissance sorte de l’anonymat. Bruno Clémentin et Vincent Cheynet, fondateurs de la revue Casseurs de pub, développent le concept de « décroissance soutenable » pour l’opposer au « développement durable » afin d’engager un débat public[18]. L’année suivante, Vincent Cheynet a réalisé un dossier pour S!lence, et l’Institut d’études économiques et sociales pour la décroissance soutenable (IEESDS ) est créé. Toujours en 2002, le paysan et penseur Pierre Rabhi fait campagne pour la décroissance lors de l’élection présidentielle, mais il ne récolte que 184 promesses de signatures. Enfin en 2004, l’association Casseurs de pub lance le journal La Décroissance.

2) Plusieurs mots, une même réalité

Plusieurs mots ou expressions sont utilisés pour désigner une même réalité. Nous en verrons ici deux : décroissance et objection de croissance.

La décroissance est un mot-obus[19]pour Paul Ariès. Son but est de « pulvériser l’idéologie dans laquelle baigne la droite comme la gauche…et les économistes ». Pour lui, c’est une façon de dire que la croissance n’est pas la solution, mais une partie du problème. Selon Serge Latouche, la décroissance n’est pas la croissance négative, et c’est pourquoi elle n’est envisageable que dans une « société de décroissance », dans un système qui reposerait sur une autre logique[20]. Il serait alors plus rigoureux de parler d’a-croissance. La décroissance serait « simplement une bannière, derrière laquelle se regroupent ceux qui ont procédé à une critique radicale du développement et veulent dessiner les contours d’un projet alternatif pour une politique de l’après-développement ». Le terme est très discuté, y compris par ceux qui s’en revendiquent, notamment car il est jugé trop négatif, mais il est conservé car il permet d’ouvrir des débats.

L’objection de croissance est une expression qui fait référence à la résistance des objecteurs de conscience[21]. Selon le dictionnaire Larousse, un objecteur de conscience est un « jeune homme qui, avant son incorporation, se déclare, en raison de ses convictions religieuses ou philosophiques, opposé en toutes circonstances à l’usage personnel des armes ». Les objecteurs de conscience, en France, refusaient d’effectuer leur service militaire, ils devaient alors un service civil à l’armée, deux fois plus long. Toujours selon Larousse, le nom objection a deux sens : « avis, argument, etc., que l’on met en avant pour s’opposer à une proposition, une affirmation » et « empêchement, obstacle, difficulté qui s’oppose à la réalisation de quelque chose ». L’objection de croissance est donc contre la croissance, et la société qui en découle. Elle est aussi empêchée dans la réalisation d’une autre société, qui serait sans croissance économique. Comme le dit V. Cheynet, « l’expression « objecteur de croissance » est très parlante : ceux-ci refusent l’injonction à la croissance comme les objecteurs de conscience refusent l’ordre de la guerre. Les objecteurs de croissance font ainsi acte de non-violence en refusant la guerre économique ».

Il n’y a donc là qu’une querelle de mots. Comme l’écrit Paul Ariès, « les objecteurs de croissance prônent la décroissance, mais eux-mêmes n’aiment pas trop être qualifiés de décroissants autrement dit de durs-à-jouir et de pisses-froid[22]».

B) Qu’est-ce que la décroissance ?

La décroissance est une notion complexe et compliquée à définir. Lors de mes entretiens, j’ai pu m’apercevoir que les personnes que j’interrogeais devaient s’arrêter un instant pour réfléchir avant de me donner une définition, et qu’aucune des trois définitions n’était identique.

Cela peut aisément s’expliquer par le fait que la décroissance est un processus global, et non pas un projet clé en main. Les définitions les mieux formulées le sont par ceux qui ont pu prendre le temps d’y réfléchir, de faire avancer leurs réflexions et leurs idées.

Voici la courte définition qu’en donne Michel Lepesant[23], militant et penseur de la décroissance.

« Décroissance, n.f . : transition d’une société de croissance à une société d’a-croissance dans laquelle l’humanité retrouverait la capacité porteuse de son écosystème naturel, transition vers une société socialement juste, écologiquement responsable, humainement décente, politiquement démocratique. À condition que cette « transition » soit « volontaire », elle est la « décroissance »[24]. »

Christine Poilly[25], militante lilloise, nous donne une définition intéressante de la structure de la décroissance.

« Pour moi la décroissance, il faut la prendre sur deux niveaux, qui sont complémentaires l’un de l’autre. C’est un niveau individuel, relatif à un petit nombre d’individus, qui peut être de la mise en commun d’un tas de choses sur la façon de vivre dans la simplicité, dans la simplicité, mais en gardant … Il y a un côté heureux dans la décroissance, un côté désirable […] Maintenant la décroissance c’est aussi, et bien sûr, et surtout pour moi un projet politique, c’est à dire un projet collectif, c’est-à-dire une façon radicalement différente de penser la société et de la remettre en marche, la penser dans une relocalisation absolue, dans une écologie radicale et dans … La décroissance, c’est aussi la décroissance des inégalités, la croissance du temps libre »

Pour Vincent Cheynet, « la décroissance, c’est d’abord la décroissance économique ». Mais elle ne signifie pas qu’une soustraction pour les pays surconsommateurs, elle présuppose une transformation des modes de production et de consommation, mais aussi des croyances des hommes. Elle interroge l’idéologie d’un « monde sans limites ».

La décroissance n’est pas un concept opératoire, mais vise à désaliéner, à déconditionner, à désintoxiquer, à désencombrer l’être humain[26].

Selon Paul Ariès, « l’objectif est de sortir de l’économisme donc de rendre l’économie seconde ». La décroissance passera par des chemins politiques, juridiques, sociaux, culturels, et il faudra « parallèlement casser les mécanismes économiques existants et brider fortement tout autre fonctionnement économique ». L’auteur nous dit que la décroissance n’est pas faire la même chose en moins, et que les questions du partage, et du contenu de ce partage sont primordiales[27]. En effet, «  il ne s’agit pas seulement de répartir autrement le gâteau, mais d’en changer la recette[28]»

C) Des propositions concrètes

Pour analyser les propositions concrètes des objecteurs de croissance, nous allons nous baser essentiellement sur la plateforme[29]de convergence issue de l’assemblée constitutive de l’association des objecteurs de croissance (AdOC) du 19 septembre 2009. Beaucoup pensaient alors que l’AdOC allait devenir la « maison commune » des objecteurs de croissance. Nous verrons plus loin que ce ne fut pas le cas. Si cette plateforme est retenue pour présenter les propositions, c’est que des objecteurs de croissance de divers horizons y ont participé, tels le MOC, le PPLD, mais aussi des collectifs locaux. Bien que le POC n’y ait pas participé, la majorité des propositions fait consensus.

La proposition la plus emblématique des objecteurs de croissance est la relocalisation. C’est un moyen et un objectif pour mettre en place une société anti-capitaliste et anti-productiviste, génératrice du bien vivre pour tous, et non pas une recherche de l’autarcie ou du communautarisme[30]. Tout est à relocaliser : l’habitat, les déplacements, la production, la distribution, l’échange, mais aussi la décision. La relocalisation est vue comme un moyen de se réapproprier son mode de vie, de ménager son territoire et de mettre en partage les biens communs.

La mise en place de monnaies locales est encouragée, tout comme les systèmes d’échanges locaux. Les premières ont notamment pour but de remettre la monnaie au service des utilisateurs[31], mais aussi de rendre la consommation plus éthique et locale. Les seconds ont pour but de créer du lien et de sortir de l’économicisme.

Pour les objecteurs de croissance, la première décroissance doit être celle des inégalités. C’est pourquoi ils proposent – à l’exception de Vincent Cheynet – d’instaurer une dotation inconditionnelle d’autonomie (DIA, aussi appelé revenu universel d’existence), couplée à un revenu maximal autorisé (RMA), pour réduire les écarts de salaire. La DIA serait distribuée à tous et de manière égale de la naissance à la mort. Elle vise à garantir un niveau de vie décent et déconnecté de l’occupation d’un emploi[32], ce qui permettrait à chacun de choisir son activité, et mettrait fin au travail contraint.

Autre proposition forte : la gratuité. La gratuité permet aussi de sortir de l’économicisme. Bien sur, il ne s’agit pas de tout rendre gratuit, mais « les services publics et [les] usages reconnus socialement utiles et écologiquement responsables », ainsi que le « bon usage de l’eau, de la terre, de toutes les ressources de haute nécessité ». Pour être efficace, elle serait couplée avec le renchérissement ou la prohibition du mésusage.

Les objecteurs de croissance préconisent la sortie de la surconsommation énergétique, qui entraîne le gâchis. Il s’agit, pour cela, d’en finir avec l’automobile et le nucléaire, notamment.

De même, ils sont pour le renoncement au culte de la technique. L’un de leurs slogans les plus connus, « moins de biens, plus de liens » est freiné par cette société des écrans et des biens. Ils mettent en avant, à la place, le principe de solidarité, qui passe par la coopération et le partage.

L’éducation et la culture sont aussi des chantiers des tenants de la décroissance. Ils proposent notamment de sortir des modèles de compétition et de concurrence dans laquelle l’éducation et la culture sont enfermées.

Enfin, ils proposent la mise en place d’une « première » démocratie. Ils veulent notamment en finir avec les conditionnements médiatiques et l’agression publicitaire quotidienne. Pour cela, ils préconisent de décider collectivement les orientations économiques, mais aussi de relocaliser la vie et les contrôles démocratiques, par la mise en place de garde-fou, tel que des mandats électoraux courts, qui seraient non cumulables et révocables, mais aussi le monopole des représentants du peuple sur l’élaboration des lois.

III Groupes et vecteurs de communication

La décroissance est un mouvement très jeune, qui a pu compter sur des vecteurs de communication, tels que des publications, des évènements et des personnes, qui lui ont permis de se faire connaître. Bien sûr, les idées ne sont pas connues de tous, mais elles se développent dans la société, et le mot, bien que caricaturé, a déjà été entendu par une très large majorité de la population.

A) Le journal La Décroissance

La Décroissance n’est pas la seule publication qui parle exclusivement de décroissance, puisqu’elle a son pendant scientifique, la revue Entropia[33], notamment créée par Serge Latouche et Jean-Claude Besson-Girard en 2006, et qui publie deux numéros par an.

1) Présentation du journal

A la base du journal, il y a l’association Casseurs de pub, créée en 1999, sur le modèle de l’organisation canadienne Adbusters Media Foundation. De novembre 1999 à janvier 2004, l’association publie trimestriellement une lettre d’information[34], puis ses membres « ont ressenti le besoin d’élargir leur discours au-delà de cette seule critique[35] » de la publicité. Le premier numéro du journal La Décroissance sort en mars 2004. Le journal tire à environ 40 000 exemplaires par mois, et est diffusé en France, en Suisse, au Luxembourg, en Belgique et au Canada. Il est financé par les ventes, puisqu’il n’y a évidemment aucune pub à l’intérieur[36]. Il a pour sous-titre « le journal de la joie de vivre », et se définit depuis peu comme le « 1er journal d’écologie politique ». Le journal est imprimé sur du papier recyclé, en noir et blanc plus une couleur, qui change chaque mois. Il commence par le courrier des lecteurs, l’article de fond du mois, et l’édito. Certaines rubriques sont emblématiques : on citera « l’écotartufe du mois[37] », où une personnalité est épinglée pour être un faux écologiste, « la saloperie que nous n’achèterons pas », qui déconstruit l’utilité d’un objet de la vie courante, « simplicité volontaire », qui va à la rencontre de personnes ayant fait le choix de vivre autrement, « la chronique du conseil municipal », où Thierry Brulavoine décortique et explique les décisions prises à Saint-Nazaire, la bande dessinée « Stef le décroissant », qui parodie la vie d’un décroissant dans la société de consommation, ou encore le débat du mois, qui invite des spécialistes ou simples lecteurs à débattre d’un sujet en rapport avec la décroissance. Le journal est plein d’illustrations, qui ironisent sur la société croissanciste, et appuient les articles. Il peut ainsi être vu comme une entreprise de démolition de la notion de développement durable, qui parasite l’écologie radicale que le journal met en avant.

 

2) Une publicité pour la décroissance, qui divise

Le journal a permis à la décroissance de faire son apparition dans l’espace public. En effet, de nombreuses personnes ont connu le concept grâce au journal. C’est notamment le cas d’Olivier Bouly[38], qui a découvert le mouvement parce qu’il fréquentait une biocoop, qui donnait une publication où il y avait une revue de presse, où était présenté le dernier numéro de La Décroissance, qu’il a acheté. Il est donc une formidable publicité pour l’objection de croissance, car disponible dans de nombreux kiosques à journaux.

Mais en même temps, le journal divise. De nombreux militants trouvent qu’il dessert le mouvement, parce qu’il serait trop dans la critique, trop clivant. Le PPLD a d’ailleurs fait un communiqué à ce sujet début 2012[39]. Il a pour titre « La saloperie que nous n’achèterons pas », et commence ainsi : « qui aurait cru que le Parti Pour La Décroissance allait se fendre d’un communiqué affirmant son indépendance avec le mensuel La Décroissance ? » Le journal se voit ainsi reprocher son « attitude dogmatique qui consiste à systématiquement rejeter en bloc tout ce qui n’est pas dans [sa] ligne », mais aussi d’exacerber les « conflits à l’intérieur du milieu de la Décroissance ». Vincent Cheynet est aussi accusé de profiter de son poste de rédacteur en chef pour faire passer dans le journal ses vues personnelles.

B) Des actions symboliques

1) Les colloques

Le premier colloque a eu lieu en septembre 2003, à l’hôtel de ville de Lyon, à l’initiative de l’institut d’études économiques et sociales pour la décroissance soutenable (IEESDS)[40]. Trois cents personnes y participent – pour six cents demandes. Les débats durent deux jours, et sont animés notamment par Serge Latouche, Pierre Rabhi ou Jacques Grinevald. Le thème est « La décroissance soutenable ». En 2005, un nouveau colloque sur la décroissance est organisé à Montbrison par l’IEESDS à la demande de Bernard Guibert (commission économie des Verts) et de Serge Latouche.

D’autres suivront. Les colloques sont importants car ils permettent de s’arrêter pour réfléchir ensemble, et de construire une base théorique au mouvement.

2) Les marches

Les marches pour la décroissance sont un moyen de colporter l’objection de croissance, de la propager. Deux d’entre elles ont été particulièrement symboliques.

Le 28 juillet 2004, François Schneider chercheur en environnement, part avec l’ânesse Jujube pour expérimenter le métier de colporteur de décroissance. Ils sont partis de Luc-en-Diois, un village de 500 habitants dans la Drôme, pour rejoindre l’océan par le Massif central. Ils ont ensuite rejoint la côte méditerranéenne par Bordeaux et le canal du midi et sont remontés vers le Vercors puis Lyon[41]. Cette marche avait pour but de combiner deux aspects très importants. D’abord une cohérence dans l’action : marcher accompagné d’un âne ne dégrade pas l’environnement, et c’est le meilleur moyen de ralentir, comme le prône la décroissance. Ensuite, cela permet de s’ouvrir sur les gens. En effet, le fait qu’il soit à pied, et accompagné d’un âne lui a permis d’entamer plus facilement la discussion avec les gens, qui venaient aussi plus facilement vers lui. De plus, il a organisé de nombreux débats dans les différentes villes qu’il a traversées. Le 7 juin 2005, François Schneider rejoint la marche pour la décroissance, qui part de Lyon, et qui arrive à Magny-Cours le 3 juillet. Pendant un mois, entre 70 et 220 marcheurs participent à cette marche, qui fut une grande expérience d’autogestion et de convivialité. Ce mois a été ponctué par de nombreux débats dans les villes parcourues par la marche, avec notamment la présence de Paul Ariès, Majid Rahnema, Serge Latouche, José Bové, Vincent Cheynet et d’autres. Le 3 juillet, plus de 500 personnes ont défilé pendant 15 km pour demander la suppression du Grand Prix de France de Formule1, symbole de la société de croissance[42]. D’autres marches ont ensuite été organisées, dont une en 2006 dans le Nord-Pas-de-Calais. En plus de permettre d’ouvrir le débat avec les personnes rencontrées sur place, ces marches permettent aussi aux militants de se rencontrer et de créer des liens.

3) Les Contre-Grenelles

Le premier Contre-Grenelle a eu lieu le 6 octobre 2007 à Lyon, organisé par le journal La Décroissance, comme les deux qui suivront. Le but était de « dénoncer le vampirisme de l’écologie politique qu’est le Grenelle de l’environnement[43] », organisé quelques mois plus tôt par Nicolas Sarkozy, président nouvellement élu. Le deuxième Contre-Grenelle a eu lieu encore une fois à Lyon le 2 mai 2009, et son thème était la dénonciation du capitalisme ver[44]. Enfin la troisième édition a eu lieu à Vaulx-en-Velin, commune la plus pauvre du Rhône, le 2 avril 2011, et avait pour sous-titre « décroissance ou barbarie[45] ». Ces événements, se tenant sur une journée, étaient composés d’une longue suite d’interventions limitées à 10 minutes chacune, sur des sujets liés au problème de la décroissance. Outre les têtes pensantes de l’objection de croissance, tels que Paul Ariès ou Vincent Cheynet, ces Contre-Grenelle se sont déroulés en présence de nombreux responsables de partis politiques ou d’associations comme la LCR puis le NPA, le parti de Gauche, les Verts, ATTAC, ACRIMED, le réseau « sortir du nucléaire » … Ils ont réuni à chaque fois entre 600 et 800 personnes.

Ils ont été très importants pour la décroissance, car ils ont permis aux idées de sortir des cercles de convaincus, et de toucher des responsables politiques et associatifs proche de ces idées. Ces Contre-Grenelle ont donné une certaine crédibilité à la décroissance.

C) Les penseurs de la décroissance

De nombreuses personnes, dans le monde, réfléchissent à la décroissance. Il y a par exemple les auteurs de Limites[46], les cahiers francophone de la décroissance, dont fait parti Michel Lepesant, où ceux d’Entropia[47]. Nous avons décidé de présenter les trois plus connus en France.

1) Serge Latouche

Serge Latouche est un économiste et philosophe né à Vannes en 1940[48]. Il est actuellement professeur émérite à la faculté de Droit, économie et gestion Jean Monnet de l’université Paris-XI, où il est directeur du Groupe de recherche en anthropologie, épistémologie et économie de la pauvreté (GRAEEP). Il est président de l’association des amis d’Entropia , à laquelle il contribue, et il participe à La Revue du MAUSS. Il est aussi membre fondateur et ancien président de l’association La ligne d’horizon, dont l’objectif est de poursuivre la réflexion de François Partant. Il dénonce l’économisme, l’utilitarisme dans les sciences sociales, ainsi que la notion de développement. Il est l’un des tenants du concept d’après-développement. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur ce thème, et sur celui de la décroissance, tels que L’occidentalisation du monde : essai sur la signification, la portée et les limites de l’uniformisation planétaire (La Découverte, 1989), Survivre au développement : de la décolonisation de l’imaginaire économique à la construction d’une société alternative (Mille et une nuits, 2004), ou encore Le Pari de la décroissance (Fayard, 2006).

2) Vincent Cheynet

Vincent Cheynet est né en 1966.A 20 ans, il s’engage chez les jeunes Démocrates sociaux. Puis pendant dix ans, il est directeur artistique dans une multinationale de la publicité, en même temps qu’il milite pour l’écologie. Cela l’amène à devenir un « antipub[49] ». Il quitte alors son emploi et crée l’association et la revue Casseurs de pub, avec Bruno Clémentin. En 2004, il crée le journal La Décroissance et en devient le rédacteur en chef.

Parallèlement, il va se présente à différentes élections, d’abord sous l’étiquette écologiste aux législatives de 1997 dans le Rhône et aux municipales de 2001 dans le 1e arrondissement de Lyon, et en 2008 dans le 4e, puis en tant qu’objecteur de croissance aux législatives de 2002 et 2007 dans le Rhône. Il est de nouveau candidat en 2012[50]. Il est aussi le créateur du PPLD en 2005, qu’il quittera ensuite, et du POC, en 2010. Il est l’auteur du Choc de la décroissance (Seuil, 2008). V. Cheynet est en conflit avec une grande partie des objecteurs de croissance, et beaucoup pensent qu’il dessert le mouvement par ses prises de position, notamment dans La Décroissance.

3) Paul Ariès

Paul Ariès est né le 11 mai 1959 à Lyon. Dans sa jeunesse, il fut membre du PCF et dirigeant de syndicat étudiant. Il a enseigné plusieurs années après une thèse en sciences politiques, obtenue en 1985. La liste de ses combats est longue : « lutte anti-sectes, lutte contre la malbouffe, lutte contre l’agression publicitaire (soutien au mouvement anti-pub), lutte contre le harcèlement au travail, porte-parole du mouvement pour une rentrée sans marques, etc[51] ». Il a longtemps été membre du comité de rédaction du journal La Décroissance. Le 14 juillet 2007, il a lancé Le Sarkophage, un nouveau journal d’analyse politique, dont il est rédacteur en chef. Il contribue aussi à d’autres journaux comme le Monde Diplomatique. Il avait accepté de faire campagne pour la décroissance en 2012, mais a finalement renoncé du fait de l’impossibilité de rassembler les différents mouvements objecteurs de croissance. Il a notamment publié Décroissance ou barbarie (éditions Golias, 2005), Le Mésusage, essai sur l’hypercapitalisme (éditions Parangon, 2007). Il est le plus médiatique des objecteurs de croissance, puisqu’il est régulièrement invité à la télévision et à la radio.

Cet article est la première partie de l’ouvrage Les objecteurs de croissance face à la compétition politique.

 

Footnotes    (↵ returns to text)

  1. Fabrice FLIPO, Les racines conceptuelles de la décroissance, in Baptiste MYLONDO (dir.), La décroissance économique, Pour la soutenabilité écologique et l’équité sociale, op. cit.

    Fabrice FLIPO, Que signifie la décroissance in Denis BAYON, Fabrice FLIPO, François SCHNEIDER, La décroissance, 10 questions pour comprendre et en débattre, Paris, La Découverte, 2012, 248 p.

  2. Serge LATOUCHE, Petit traité de la décroissance sereine, Paris, Mille et une Nuits, 2007, p. 29.
  3. Mouvement anti-utilitariste en sciences sociales.
  4. François PARTANT, La Fin du développement, Paris, La Découverte,1982, 186 p.
  5. Franck PETITEVILLE, « Intérêt et limites du paradigme culturaliste pour l’étude du développement », Tiers-Monde, 1995, tome 36, n°144. pp. 859-875.
  6. Serge LATOUCHE, Faut-il refuser le développement ?, Paris, PUF, 1986, 224 p.
  7. Denis BAYON, Fabrice FLIPO, François SCHNEIDER, La décroissance, Dix questions pour comprendre et débattre, op. cit., p. 23.
  8. Gregory DERVILLE, Politique et environnement, Cours de Master 1, Université Lille 2, 2012.
  9. John Stuart MILL, Principles of Political Economy (1848) « …the increase of wealth is not boundless. The end of growth leads to a stationary state. »
  10. Harvard University Press, 1971.
  11. Introduction et traduction par I. Rens et J. Grinevald, Lausanne, Pierre-Marcel Favre, 1979.
  12. Loi de la dégradation irréversible de la matière, issu du deuxième principe de la thermodynamique.
  13. Nicholas GEORGESCU-ROEGEN, The Entropy law and the Economic Process, op. cit.
  14. « A la conquête des biens relationnels », http://www.decroissance.org/textes/bonaiuti.htm
  15. « Comment vivons-nous ? Décroissance, « allures de vie » et expérimentation politique », Entretien avec Charlotte Nordmann et Jérôme Vidal à propos de Stéphane Lavignotte, La Décroissance est-elle souhaitable ? in La Revue Internationale des Livres et des Idées, 06/05/2010 http://www.objecteursdecroissance62.fr/site/doku.php?id=en_debat:stephane_lavignotte_01
  16. André AMAR, « La croissance et le problème moral », Les cahiers de la Nef, Les Objecteurs de croissance : prospérité, oui … mais à quel prix ?, 1973, n°52. http://www.decroissance.org/?chemin=textes/amar
  17. Jacques GRINEVALD, « Hors champ – Histoire d’un mot », Entropia, Décroissance et Politique, octobre 2006, n°1. http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?article120
  18. « Historique du mot », Les cahiers de l’IEESDS, décembre 2006, n°1. http://www.decroissance.org/index.php?chemin=textes/historique
  19. Paul ARIES, Décroissance ou barbarie, Villeurbanne, Golias, 2005, p. 75.
  20. Serge LATOUCHE, Petit traité de la décroissance sereine, op. cit., p 21.
  21. Michel LEPESANT, « Quelle différence entre Décroissance et Objection de croissance ? » http://www.les-oc.info/2010/08/quelle-difference-entre-decroissance-et-objection-de-croissance/
  22. Paul ARIES, Décroissance ou barbarie, op. cit., p75.
  23. http://confluences.ouvaton.org/
  24. Définition issu d’un courriel envoyé le 22 avril à destination d’un candidat OC aux législatives, via une liste de diffusion.
  25. Entretien du 26/03/2012.
  26. Vincent CHEYNET, Le choc de la décroissance, Paris, Seuil, 2008, p. 59-61.
  27. Paul ARIES, Décroissance ou barbarie, op. cit., p. 77 & p. 90.
  28. Ibid., p. 8.
  29. « Plate-forme de convergence proposée par l’AdOC » http://www.partipourladecroissance.net/?page_id=6122
  30. « La relocalisation, un concept qui a le vent en poupe ? » http://decroissance-elections.fr/relocalisation-mt/
  31. « Monnaie locale, activité politique locale » http://decroissance-elections.fr/monnaie-locale-activite-politique-locale/
  32. « La Dotation Inconditionnelle d’Autonomie (DIA), un outil pour l’égalité et la dignité » http://decroissance-elections.fr/la-dotation-inconditionnelle-dautonomie-dia-un-outil-pour-legalite-et-la-dignite/
  33. http://www.entropia-la-revue.org
  34. http://www.ladecroissance.net/?chemin=journal&numero=19
  35.  Sophie BOSSY, « Le consumérisme politique : Entre actions collectives individualisées et participation politique, quelle place pour la recherche d’alternatives à la société de consommation ? », Congrès AFSP 2009, Section 37, p.7.
  36. Clément Wittmann : «  Là aussi je voudrais quand même rendre hommage, c’est vrai qu’arriver à tenir un journal comme ça, qu’on trouve dans tous les kiosques depuis des années, donc euh sans publicité, c’est quand même un sacré défi, ça il faut, il faut le reconnaître quoi. »
  37. Sophie Divry, ancienne journaliste du journal en donne cette définition : « C’est quelqu’un qui fait le contraire de ce qu’il dit ; c’est un hyper riche (…) qui s’emploie à faire la morale au bon peuple et à donner des leçons d’écologie. Ils polluent plus en une année qu’en dix ans pour un Rmiste »
  38. Entretien du 5 mars 2012.
  39. « La saloperie que nous n’achèterons pas » http://www.partipourladecroissance.net/?page_id=6732
  40. « Colloques et débats » http://www.decroissance.org/index.php?chemin=colloques
  41. « Marche pour la décroissance de toutes les tumeurs » http://www.decroissance.org/francois/
  42. « Marche pour la décroissance » http://www.decroissance.org/marche/
  43. « Retour sur le contre-grenelle », La Décroissance, n°44, novembre 2007.
  44. « Une journée pour dire  »Non au capitalisme vert » », La Décroissance, n°60, juin 2009.
  45. « Ce qui s’est passé au Contre-Grenelle le 2 avril » http://reporterre.net/spip.php?article1817
  46. http://www.limites.eu/
  47. « Les auteurs » http://www.entropia-la-revue.org/spip.php?auteur3
  48. « Serge Latouche » http://www.fayard.fr/auteur/fayard-auteur-000000019999-Serge-Latouche-Ou-va-le-monde-hachette.html
  49. Vincent CHEYNET, Le choc de la décroissance, op. cit., p. 8.
  50. http://www.objecteursdecroissance.fr/
  51. « Portrait », Libération, 27/09/2010 http://www.liberation.fr/terre/01012292532-decroissant-boulimique

Commentaire

La décroissance, l’objection de croissance, genèse et définition — 4 commentaires

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  2. Merci !

    2 remarques :
    – Je pense que le terme « relocalisation » n’est pas optimal. En effet « re » suppose que les choses ont un jour appartenu aux citoyens. Or ce n’est généralement pas le cas, par exemple pour la démocratie.
    – Une petite erreur amusante : »la dénonciation du capitalisme ver » !!

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